L'être à Yves

Rédigé par Tautavel - 15 avril 1999

 

Note pour les cons :
Ce texte est trancrit d’un texte sur papierv
Faut pas s’étonner si parfois on demande de tourner
la page alors qu’il n’y a pas lieu !

Note pour les très cons :
faites pas chier j'écris lettre comme je veux!!



avril 1999

 

Salut mon pote !
Va te faire foutre.
Ok.

 

Quelle feuille pourrie pourrait bien faire l’affaire ? L’affaire, c’est ça, pose pas de questions. Ces mots, ces phrases. Laquelle ? La première qui vient ! celle là. Tiens y a un chat dessus. C’est un hasard. Le hasard, le grand et fou hasard. Un chat.

C’était un rêve d’il y a quelques temps. (Merde, comment vivre sans fumer). Un rêve d’il y a quelques mois pour être précis. Imagine, vieille peau, imagine l’appartement des parents de Alain à Lingolsheim. Alain Diesel bien sûr. Ses parents qui partent, en vacance, en week end ou quoi, j’sais pas. Moi, je garde leur maison, ou appartement, on va pas râler pour une si minime incohérence. Dans le mur, il y a une cavité, et dans cette cavité il y a un chat derrière un grillage. Et au-dessus l’inscription : « pardon pour les chats ». C’est dégeulasse.

 

Compte pas sur moi pour te raconter ce qui se passe ici. D’ailleurs j’en sais rien. Raconter tout ce qui se passe à l’échelle humaine je veux dire. L’art permanent, partout et à tous les niveaux. Je cède. Voilà ce qui se passe ici. Tourne la page si tu veux bien, sinon va au Diable.

Il y a deux, merde comment ça s’appelle ? Deux bougies plates, comme dans les églises, qui valent deux francs. Il faut faire des dons pour rénover le bâtiment. L’église se meurt, bien fait ! A côté il y a un rond en liège qui sert à la cafetière normalement (si on peut appeler cette merde une cafetière). Ça mélange juste le café et l’eau, j’aurai pu faire ça dans ma tasse. J’ai une excuse : c’est un cadeau. Ce truc de liège sert à tout, c’était livré avec la cafetière. Ce truc sert à tout. Que la vie quotidienne est basse, bèêêêêe, laide, conne, et pourtant si profonde. Ce morceau de pain pourri qui traîne sur la table, quand je pense que c’est rien, c’est tout et inversement quand je pense que c’est tout, c’est rien. C’est ça le quotidien immense magma, grand par sa masse et immensément petit quand même.

Franchement, qu’est-ce qu’on en a à foutre de la réalité. SADE avait bien raison : SOLIPSISME (Approximatif au niveau orthographique et même phonétique). C’est pourri sur cette table, merdique à souhait. Je mange des BN, c’est mon quotidien. C’est minable et vertigineux.

Il a neigé. Ouais Extra ! Voilà ce que j’attendais de 1999, un changement climatique. J’en pouvais plus. Tous ces hiver sans neige. Scandaleux ! Je serais satisfait le jour où la neige bloquera le monde. La paralysie, l’asphyxie inerte est tranchante.

Je n’oublierai jamais l’inventeur de l’ouvre-boîte, quelle grande invention. Bravo. Prix Nobel. C’est bien ! Un grand homme, bienfaiteur.

Faudra bien qu’un jour on tue les bébés. Johanna Johanna … Hope (espoir). Ouais. Il y a des moments où le monde s’arrête. Toute la merde est inerte, plate, au fond des précipices. Et là y a de quoi mourir de larmes car l’obsession la plus obscure, tapie dans le moindre mouvement surgit, c’est une image éternelle.

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Commentaire de printemps : ça se voit que ce texte a été écrit en hiver, j’ai du
Mal à me comprendre, je ne suis plus du tout dans le même état d’esprit
actuellement, on verra ça plus loin.
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…c’est une image éternelle. Non, ça, c’est la représentation de ce dont je parle. Et une bien pauvre représentation. Tout ce qu’on peut dire c’est que c’est immensément noir, que ça fait partie du cour, que c’est partout, caché mais partout, ça agit comme un filtre sur la vision et la raison. C’est dedans et dehors. Derrière le brouillard. { note de printemps : c’est bien un texte hivernal }

Cette table est vraiment ridicule. Merdique est le qualificatif parfait, parfait ! Il n’y a pas un seul objet sur cette table qui ne soit pourri, rongé par le temps. Qui ne soit couvert de temps, croûte sur laquelle, dans laquelle germent les bactéries, les animaux et les plantes. Et toute cette merde on se la procure contre une autre merde : l’argent. Merde contre merde, le deal est correct. Je ne me suis pas fait arnaqué, ça va. D’ailleurs je suis éternellement paresseux. Je suis paresseuse, ça sonne plus juste mais je dois bien dire que c’est un ajout de printemps alors ça dissone {ortho douteuse mais le grand maître correcteur m’a dicté celle-ci, j’en perds le latin que je n’ai jamais eu} peut-être quand même quelque part. Tout faire sans rien foutre -> l’idéal. Quoi ! mettre un papier dans la corbeille ! Plutôt crever, je le ferais demain, si j’y pense, si je le veux, si j’en vois l’utilité, si je ne suis pas révolté. Parce que quand je suis révolté contre le monde je suis encore plus paresseux. Le monde voit ainsi que je ne suis pas comme lui, que je peux me fossiliser { ajout printanier quoi que fossilisé soit plutôt à connotation hivernale, sus aux contradictions}. Quand je suis révolté, je dénigre tout. Et je pense : vaut mieux être malade que de voir un médecin. Quand je suis révolté contre l’organisation, le bordel me sert. Et je jouis de cette vaisselle puante de deux semaines qui gît dans l’évier et qui attendra encore parcequ’à ce moment là je suis sur le canapé avec l’esprit brumeux. Pour me sortir de l’esprit brumeux il faut déjà me présenter un couteau, parfois ça suffit, parfois il faut aussi me menacer. Mais attention à l’escalade, un onglet qui résiste au fond d’une assiette fini défenestré ! On va pas se laisser faire par de la viande de vache morte !

 

Tout se dégrade.

 

Si au moins c’était vrai ; que tout se dégrade.

même pas

           même pas.

On ne peux rien qualifier sans se rendre compte que l’on est dans l’erreur.

{ je ris car je vois bien là une de mes préoccupations de cet hiver, le problème du jugement, c’est déjà périmé à l’heure actuelle}

Tout se dégrade => Faux

Tout ne dégrade pas => Vrai, mais on n’a rien dit, c’est presque ridicule de dire ça tellement c’est évident. Chaque fois que l’on parle du tout on se fait piéger.

     Ici s’arrête la vie, mon cerveau va plonger

                     Dans les ténèbres ensommeillées

             

       (heureusement que j’adore la merde)

tu crois cette phrase … t’es bien naïf, rien n’éclaircit le noir,

c’est vrai pour la peinture et pour le tout.

 

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ICI S’ARRETE L’HIVER ET NE COMMENCE PAS LE PRINTEMPS
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Je n’ai rien de plus à dire car j’ai déjà tout dit en ne disant rien. Les choses n’ont pas beaucoup bougé. Il redémarre peut être une nouvelle période d’inspiration pour moi. Enfin c’est ce que je crois déceler. L’hiver à été rude et j’en garde des traces. Cependant je l’ai bien apprécié cet hiver blanc.

Aujourd’hui je ne la vois plus aussi pourrie cette pauvre table, elle s’est bien fait insulter durant l’hiver. Maintenant elle est bien plus romantique. En elle même elle n’a pas changé, c’est là une faculté qu’elle ne possède malheureusement pas. C’est l’inclinaison de la terre qui a changé, les saisons, la hauteur du soleil, la température, ma sensibilité, mon regard, la nécessité. Je ne peux plus la voir comme ça, il faut que je la vois différemment, il faut que je tienne jusqu’à l’été. Je tiendrais, je le sais, c’est évident, pour tenir il suffit de ne rien faire, le temps fera.

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